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Dial@ettico Blog

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April 21, 2010

Fond d’écran rafraîchissant

Filed under: Divers — pizalee @ 8:09 pm

L’été est bientôt là, il est temps de se mettre au rosé!

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On pourrait le rajouter à la collection


March 11, 2010

Tir nourri sur la psychologie évolutionniste

Filed under: Divers, Livres — Ultracide @ 10:42 pm

La Génétique néolibérale : les mythes de la psychologie évolutionniste
de Susan McKinnon

Un livre trouvé à la librairie logo_ventsdusud.gif

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Voici quelques années que les ouvrages issus du courant de la psychologie évolutionniste gagnent du terrain sur les rayons des libraires. Il y a des ouvrages de référence (celui-ci par exemple), les ouvrages de scientifiques accessibles au grand public et des livres de vulgarisation. Chez les scientifiques, le chef de file est sans aucun doute Steven Pinker. Parmi les livres de vulgarisation, le premier en France fut “L’animal moral” de Robert Wright et, “Pourquoi les femmes des riches sont belles” fut celui au titre le plus accrocheur. Mais la psychologie évolutionniste progresse aussi dans les médias, et propage sa conception du comportement humain dans le grand public.

Cela énerve les anthropologues. En effet, les atrocités commises au début du 20° siècle au titre de l’eugénisme, qui découlait du darwinisme social, on eut comme conséquence une prise de position radicale de la sociologie, et en particulier des  anthropologues. Cette prise de position se concrétise sous la forme de postulats écartant totalement l’hypothèse évolutionniste pour l’étude des sociétés humaines.  Grosso modo, cela se résume ainsi: le système cognitif humain serait totalement vide et libre à la naissance. Les traits de comportement des individus seraient alors élaborés entièrement au contact du milieu social, qui est autonome et existe indépendamment des individus. L’histoire biologique des individus, de l’espèce humaine, n’intervient en aucune façon, et il n’y a aucune incidence d’un quelconque instinct sur le comportement des individus.

Cela n’est évidemment pas du goût des évolutionnistes, qui au contraire sont convaincus du fait que l’histoire biologique de l’humain, et en particulier que son évolution au cours des deux derniers millions d’années a contribué à l’organisation de son cerveau. D’après eux, le milieu social est secondaire, et se forme dans le cadre défini par les mécanismes cognitifs sous-jacents des acteurs humains.

L’expérimentation étant impossible, et l’interprétation des observations étant très subjective, l’adhésion à l’un ou à l’autre des courants est plus une question de formation, du milieu scientifique auquel on appartient, ou même d’idéologie et de politique. Nous sommes face à des croyances en concurrence.

Ce livre trouve donc sa place dans une polémique sans espoir, où il semble illusoire d’envisager la conversion de protagonistes. Il est donc plutôt destiné à déstabiliser la perception de la psychologie évolutionniste dans le grand public, ou peut-être à fournir des éléments à ceux qui souhaiteraient s’engager dans un débat vindicatif.

La plupart des attaques visent la sélection sexuelle. Elles sont basées sur des non-concordances mineures, classiques dans ce genre de débat: on essaye de montrer qu’une idée n’est pas admissible car elle ne fonctionne pas pour un cas précis. Sur un plan méthodologique, ce procédé serait le bon s’il s’appliquait à des résultats non interprétables en termes de statistiques. Par exemple, un phénomène, un seul mais reproductible, qui permettrait d’observer que des informations se déplacent plus vite que la lumière remettrait en cause le seuil de la vitesse de la lumière dans les lois de la physique. Par contre, en biologie évolutive et en particulier humaine, une observation qui ne correspond pas aux prédictions doit être traitée sous l’angle statistique, car elle n’est pas reproduite: elle décrit un phénomène qui a été observé. Même si ce phénomène est constaté par plusieurs équipes de chercheurs, ce n’est qu’un seul phénomène. Si par exemple, on examine une théorie disant que les humains rendent service préférentiellement aux membres de leur familles génétiquement apparentés, et que l’on trouve une société dans laquelle ce n’est pas spécialement le cas, que les services se rendent selon d’autres règles, cela ne remet pas en cause la théorie. Pour la remettre en cause, il faudrait montrer qu’il n’y a statistiquement aucune tendance. Ce n’est pas la même chose. Malheureusement, l’auteur utilise exclusivement, sauf erreur de décompte, ce type de réfutation. C’est un peu comme si quelqu’un voulait montrer que le foot-ball est un jeu qui se joue avec les mains, en citant la main de Thierry Henry (voir la discussion à ce sujet sur Dial@ettico), celle de Maradona, celle de Vata, etc.

D’une façon générale, l’auteur montre une méconnaissance de la biologie de l’évolution, et en particulier du phénomène d’adaptation. Lorsqu’elle cite des propos émanant de chercheurs en psychologie évolutive, on peut suspecter qu’il s’agisse d’une déformation volontaire de ces propos, comme dans la phrase qui suit: «L’intentionnalité des gènes et de la sélection naturelle est censée se traduire dans l’esprit humain par un ensemble de mécanismes psychologiques innés et évolués qui fournissent les conduites détaillées de comportements spécifiques au genre, et dont on pense que l’objectif est de maximiser son intérêt génétique individuel.» S’agit-il d’une simple déformation de tournure volontaire visant à créer un biais d’interprétation ou d’une réelle mauvaise compréhension?

Il semblerait que l’option de la mauvaise foi soit plus probable: l’auteur cite Trivers, fondateur de la théorie de l’altruisme réciproque, mais déclare: «Favorables à un individualisme génétique radical, les psychologues évolutionnistes, et les sociobiologistes avant eux, doivent se confronter à une grande énigme: l’existence même de la vie sociale, et en particulier ces formes de comportement qui ne sont ni égoïstes ni intéressées.»

De-ci de-là, diverses allégations surprenantes sont attribuées aux psychologues évolutionnistes: «La psychologie évolutionniste rejette l’idée que le cerveau humain évolué puisse manifester une capacité générale à créer une multiplicité de formes culturelles et à apprendre toute une variété de comportements.»

Plus loin, l’auteur accuse les psychologues évolutionnistes de nier toute évolution culturelle. On se souviendra simplement du fait que Richard Dawkins est l’inventeur du concept de la mémétique, qui permet de proposer un support théorique à l’évolution culturelle. Que proposent les anthropologues?

Mais la plus probante est celle-ci: «Il est paradoxal que, dans une théorie si profondément ancrée dans une idéologie néolibérale du choix rationnel et de l’intérêt individuel, les individus finissent par être privés de la faculté d’être des agents et de faire des choix conscients.» Nous voyons à partir de cette phrase, outre le fait qu’elle soit mensongère, que Susan Mc Kinnon pense que les individus élaborent des théories scientifiques à partir des idéologies auxquelles ils adhèrent. Ce n’est pas impossible, mais c’est une grave accusation. Nous avons donc la confirmation qu’il ne s’agit pas d’un débat scientifique, mais d’un débat d’idées qui voudrait empiéter sur un débat scientifique. Bref, c’est l’inquisition.

Ce qu’il sourd de ce livre est une vision aigrie d’une modification des connaissances, comme ce fût le cas lors de la publication de L’origine des espèces. darwin_as_monkey_on_la_petite_lune.jpg Les critiques ne se font pas sur le contenu scientifique, mais sur l’idéologie à laquelle il faudrait adhérer pour trouver agréable cette description du monde, indépendamment de ses fondements scientifiques. Il ressort, comme lien entre les anti-darwiniens du XIX° siècle et ce livre, une haine farouche de se voir affublé de points communs avec les animaux.

Le principal grief que  reproche l’auteur aux psychologues évolutionnistes est en fait d’accepter que le monde soit comme il apparaît selon leurs travaux. Elle va même jusqu’à dénoncer une «méchanceté originelle » dans l’humain tel qu’il apparaît dans leurs écrits. On a peine à ne pas faire appel à de la paranoïa sensitive pour expliquer des interprétations aussi farfelues.

Je passerais sur le contresens attribué à la “théorie de l’esprit” dans ce livre. La traductrice ne semble pas connaître le sens précis de cette locution et lui attribue un sens mot-à-mot qui n’a rien à voir avec le sens utilisé en sciences cognitives, bien que la même locution (Theory of mind) soit utilisée en anglais. N’ayant pas lu la version originale, je ne peux que regretter un manque de précisions.

Pour finir, je préciserais quand même que la cible principale des attaques est Robert Wright, essentiellement à partir de diverses tournures de phrases qu’il utilise, et qui effectivement sont parfois un peu abusives. Mais Robert Wright n’est, en fait, qu’un journaliste, qui utilise plus la littérature que l’argumentation scientifique pour diffuser ses idées. Qu’il soit un ambassadeur de la psychologie évolutionniste est indéniable, mais ce n’est pas avec lui qu’une débat scientifique sur le sujet doit être engagé. Ce livre n’est donc pas à considérer comme une source d’argumentation fiable.

March 4, 2010

Réunion 2005

Filed under: Ajouter un fond d'écran — Harmine @ 9:11 pm

Quelques vues de loin et de près pour les fonds d’écran ?

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January 25, 2010

Le Baleinié

Filed under: Divers, Livres — Ultracide @ 12:13 am

l’intégrale : Dictionnaire des tracas (Poche)

de Christine Murillo, Jean-Claude Leguay, Grégoire Oestermann

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Vous avez très probablement un souvenir médiocre de l’un de ces dictionnaires de néologismes, mots valises, d’argot régional… qui a circulé lors d’une soirée de cadeaux, et qui a fini le lendemain sur eBay. C’est un fait, la plupart sont médiocres.

Au premier abord, celui-ci parait encore pire. Jusqu’au moment où vous tombez sur un cas de définition qui va comme un gant à un fait que vous croyiez être le seul à avoir “étudié”.Les mots sont un peu compliqués. (solpodorapette, spricariner, koptonn-ploquin, ne sont pas les pires). On ne peut toutefois éviter une pensée nostalgique vers le vocabulaire d’Alex dans Orange Mécanique. Ce n’est pas si facile d’inventer des mots qui aient l’air normaux. Cela va de soi, pour avoir l’air vraiment normal, il est préférable d’exister. Mais une fois passé ce (petit) tracas des consonnances hasardeuses, on pourra apprécier au mieux la profonde recherche de détails de la vie de tous les jours qui caractérise ce travail, et, à de maintes occasions, se plier en quatre.

Voici quelques pièces tirées du sac:

- Sirmouffer: sentir que la personne arrivée après vous va essayer de passer devant;

- flomper: prendre cinq kilos en arrêtant de fumer, se remettre à fumer et garder les kilos;

- faplaotir: éternuer en doublant un camion;

- ecqueuchteuphroumph: auréoles blanchâtres que vous vous découvrez sous les bras dans le miroir de l’ascenseur;

- drugneau: passage d’une position à une autre à une autre à une autre pour se couper les ongles de pied quand on est à la fois myope et presbyte;

- chouir: faire semblant de ne pas avoir reçu le postillon;

- puiffer: se demander soudain si on n’avait pas rendez-vous ailleurs, ou ici mais hier

- glindole: créneau qui s’annonce difficile, devant une terrasse bondée.

Bon ça suffit le correcteur d’orthographe va cramer.

January 24, 2010

Vigne vierge

Filed under: Ajouter un fond d'écran — pizalee @ 11:18 pm

Je propose de rajouter ce fond d’écran à la collection

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January 8, 2010

La Saga des francs maçons (Marie-France Etchegoin, Frédéric Lenoir)

Filed under: Livres — fredo @ 4:10 pm

La Saga des francs maçonsUn bon moyen de s’y retrouver entre légende et réallité

October 25, 2009

Un Futur Sans Avenir

Filed under: Divers, Livres — admin @ 10:00 pm

Un livre trouvé à la librairie logo_ventsdusud.gif

Décidément, Grenoble est un haut lieu de la résitance aux technosciences. Nous avons pu entrevoir la hargne de certains activistes alpins avec le livre critiqué ici en mai dernier, Le Téléphone Portable Gadget de Destruction Massive.
Le même éditeur vient de sortir un ouvrage de la même veine, avec pour cible rien de moins que la recherche scientifique. L’auteur est à nouveau un groupe motivé, dénommé Oblomoff, qui ne semble pas vraiment étranger à Pièces et main d’œuvre, le groupe auteur du précédent.

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On peut les féliciter pour la couverture. Bon marketing.

Au premier abord, on est séduit par l’intransigeance du discours: nous avons affaire à des gens convaincus et motivés, semble t-il, par une démarche éthique. Cependant, adhérer à leurs thèses est une autre histoire.

Tout est basé sur un point de vue unilatéral adopté implicitement tout au long de l’ouvrage: le peuple n’est qu’un vaste champ de production de richesses au service de l’industrie capitaliste, qui consomme sans méfiance les produits que celle-ci lui propose, alors que la production de ces produits conduit, en particulier par la pollution et la destruction de la nature, à la mise en danger de ce peuple.

La recherche est désignée comme l’élément clé des progrés destructeurs de cette industrie, comme un coupable notoire, et par conséquent doit être sabordée.

Le peuple, dans cette histoire, ne dit rien. Il consomme ce qu’on lui donne à consommer. Le peuple est partout pareil: chinois, américains, européens, tout ce peuple est groupé ensemble à la merci des industriels capitalistes qui les exploitent sans discernement, au détriment de la planète. Le peuple n’est que le carburant de ces compétitions internationales qui régissent les choix industriels. Sans cette industrie, tout irait pour le mieux, la fraternité renaîtrait entre les peuples, plus de guerres, plus de compétition économique, que la paix et le bonheur. Le peuple pourrait se livrer à ses loisirs préférés, pourrait consommer des aliments sains et respirer un air non pollué. Et aussi, la recherche pourrait se livrer à des activités de recherche pure et saine, sur des sujets démocratiquement choisis. Le peuple pourrait retrouver sa part de connaissance, aujourd’hui réservée aux seuls spécialistes. L’objectif du groupe est clairement proclamé: “Aider l’économie à s’effondrer” (p.77).

Il y aurait donc, sur terre, deux sortes de gens. Les bons, à savoir le peuple, vous, moi, les restaurateurs, les enseignants, les garagistes, les plombiers, les photographes, les menuisiers, les petits commerçants, etc. De l’autre côté, les méchants: les industriels, l’armée, les politiciens, les actionnaires, les banques probablement. La situation actuelle est l’exploitation des premiers par les seconds. Les chercheurs auraient un statut un peu à part: ils travaillent pour les méchants mais ne seraient condamnés qu’au purgatoire, ils peuvent encore s’amender en arrêtant de travailler. Le statut des agriculteurs et des médecins, hussards de l’industrie par l’emploi inconsidéré de ses substances polluantes et dangereuses pour l’humanité, est équivoque.

Voici le monde tel qu’il peut transparaître à la lecture de ce livre.

Ce que ne semble pas savoir les membres de ce groupe est que pour l’instant il n’y a qu’une espèce humaine sur terre, et que ses membres sont tous construits sur le même modèle. Voici quelques passages de la description de cette espèce que donnent, d’une façon très objective, Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader dans La Classification Phylogénétique du Vivant (2001): “L’homme est un super-prédateur qui vit en sociétés complexes et hierarchisées.[…] Les sociétés humaines doivent leur cohésion à la fois au noyau familial et à l’identité du groupe, entretenue par des rites, coutumes, croyances et organisation hiérarchiques.[…] Cette espèce en grande expansion menace gravement, à elle seule, l’ensemble de la biodiversité, ainsi que les équilibres et climatiques de la planète.

La destruction des systèmes économiques et de leurs pilotes (les méchants) ne conduirait pas à la disparition des méchants de la surface de la terre, mais bien à un chaos gigantesque, où le peuple en viendrait rapidement à s’entretuer pour bénéficier des dernieres miettes des produits de l’industrie, retournant ainsi dans un système barbare de clans conduits par les monarques ayant pris le pouvoir à cette occasion, par la force, la ruse et la corruption bien évidemment, comme toujours tout au long de l’histoire. Dans cette opération, le grand perdant serait le peuple, cela devrait aller de soi.

Les intentions des auteurs sont peut être louables, mais leurs idées sont dangereuses.

Bibliothèque Dial@ettico

Filed under: Le Jeu — admin @ 10:01 am

Dial@ettico est un site consacré à la discussion sous ses diverses formes.

Ce blog est la partie documentaire de Dial@ettico. On y présente les livres potentiellement polémiques, et les documents en rapport avec la discussion et ses méthodes. Vous pouvez aussi trouver certains dossier ciblés, comme celui sur la Dissonnance Cognitive.

La partie centrale de Dial@ettico et cependant le JEU. Celui-ci permet de tester ses capacités argumentatives, indépendamment de ses positions personnelles, sur les sujets en cours. Les discussions se déroulent sur un plan formel et conduisent à un jugement dans un mode anonyme de façon à disposer de la plus grande objectivité. Vous pouvez visiter la page d’attaque pour voir les sujets en discussion, qui se subdivisent en sujets d’actualité et sujets permanents, et vous pouvez avoir un aperçu du fonctionnement ici. Pas de parti pris, pas d’autorité, la raison appartient à ceux qui savent la défendre.

Le troisième élément de Dial@ettico est le forum. Celui-ci présente les règles du jeu et permet aussi de discuter d’une façon plus “normale” (non formelle). En plus de sa fonction conviviale il donne la possibilité de dégager, à partir de discussions libres, des “assertions”, formulations construites de positions plus ou moins polémiques, qui peuvent ensuite être mises en jeu sur la page d’attaque par les joueurs qualifiés.

May 2, 2009

Vive le portable !!

Filed under: Divers, Livres — admin @ 10:41 pm

Le Téléphone Portable Gadget de Destruction Massive

Un livre trouvé à la librairie logo_ventsdusud.gif

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Écrit par “Pièces et main d’œuvre”, le groupe d’activistes grenoblois anti-industriels. Éditions l’Échappée, Collection Négatif.

Rien que les noms de l’éditeur et de la collection donne une idée de leur engagement. En plus, les éditions L’Échapppée ont leur adresse rue de la Résistance, à Montreuil. Ce sont des gens qui ne rigolent pas avec l’ennemi.

L’ennemi, ici, le gros, c’est la technologie polluante. Le visage du soldat à abattre, en l’occurence, c’est le téléphone portable.

Ce livre court et percutant, bien écrit, apporte un grand nombre de renseignements qui feront le bonheur du résistant anti-portable, mais aussi du sceptique, qui restait jusqu’ici ébahi et quelque peu dubitatif devant toute cette technologie qui, somme toute, ne coute pas très cher au citoyen quelconque. Processus de contamination de la clientèle pour une réduction d’échelle, exploitation des pays émergents, chantage à l’emploi. On comprends mieux.

On y trouve des liens étonnants: l’extinction du gorille des plaines pourrait découler de la production de téléphones, ainsi que la réduction des populations d’abeilles.

Les auteurs sont de franc-tireurs. On pourrait s’attendre à ce qu’ils aient des affinités avec les associations luttant contre les antennes relais. Pas du tout, ils les considèrent plus ou moins comme des collabos [c’est nous qui utilisons ce terme chargé de sous-entendus] et soulignent leur engagement pour une pollution électromagnétique durable [ça, ça vient du livre!].

Ils n’hésitent pas à faire une comparaison historique entre le téléphone portable et le tabac, en citant notamment une campagne publicitaire de 1929 à destination des femmes, ayant utilisé la mouvance vers l’émancipation, en vue à cette époque.

Le cynisme est fréquent mais utilisé convenablement, avec une pointe d’humour noir. Question humour, les amateurs pourront se délecter de la sélection de certains passages dénichés dans le discours des sociologues travaillant, selon les auteurs, pour le camp adverse. Nous ne pouvons résister à reprendre le texte qui suit, véritable chef d’œuvre de verbiage stérile et pédant, se donnant l’allure d’un résultat de travail intellectuel intense et éclairé. À voir ce ramassis d’inepties déversé avec autant de conviction et de prestance, on se demande si la sociologie ne serait pas une sorte de secte.

«Certaines des fonctions du mobile sont plus évidentes que d’autres dans les perspectives de communication ouvertes par l’usage téléphoné. […] D’autres demandent une véritable conversion imaginative et gestuelle, comme les nouvelles fonctions multimédia liées à l’image et au son: faire une photo en effet implique une attitude qui n’a rien à voir avec celles mobilisés par l’appel ou le SMS, […] les gestes se différencient permettant dans le cas de la photo de viser pour cadrer plus ou moins précisément un sujet, en portant le téléphone devant soi, le plus souvent le bras légérement replié. Le mobile est alors physiquement transformé en appareil photo: les gestes momentanés le reconfigurent en même temps qu’ils définissent la situation en une situation photographique.»

On regrettera cependant un manque d’explications dans les notes, qui ne fournissent strictement que les sources. Effectivement, ce livre n’est pas cher (voir chez amazon par exemple), et fournir toutes les explications adéquates l’auraient fait grossir d’un bon tiers. Un livre comme celui-là, qui relie une réflexion sur notre société à un phénomène de technologie moderne, gagnerait à détailler un peu plus l’aspect pédagogique des arguments. Nous en profitons pour citer pour l’exemple, pour mémoire et car c’est un chef d’œuvre, le livre de Jean-Michel Truong “Totalement Inhumaine“, dont parfois les notes en bas de page prennent plus de la moitié de la place…

March 25, 2009

Les livres inquiétants

Filed under: Divers, Livres — admin @ 2:18 pm

Livres trouvés à la librairie logo_ventsdusud.gif

Le KGB au pouvoir : Le système Poutine

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Réédition en livre de poche de cet essai très documenté, doté d’excellentes références historiques. On comprend bien le fonctionnement mafieu que l’on soupçonne, pour peu que l’on s’intéresse à l’actualité de ce pays. Très préoccuppant. N’attendons pas que l’auteur se fasse descendre pour nous intéresser à ce livre.

Demain, la faim ! Par Frédéric Lemaître

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Il est curieux qu’un sujet aussi grave soit toujours aussi polémique.

Certains nous affirment que la terre peut accepter encore longtemps des accroissements démographiques, à la condition bien entendu d’appliquer certaines règles de savoir vivre mondialiste. À ce camp s’oppose ceux qui observent l’accroissement des inégalités et la lutte croissante pour les ressources vitales, et adoptent des positions moins optimistes. Les premiers les accuseraient alors volontiers de ne pas mettre suffisament de bonne volonté pour faire en sorte que tout le monde ne manque de rien sur la planète. Bref, on risque de tourner en rond et de sortir du débat rationnel, pour déraper dans un débat d’idéologies inutile. Y aura t-il, oui ou non, assez à manger pour tout le monde dans un avenir proche, sachant que ceux qui sont de gros consommateurs de viande et de carburant ne montrent aucun signe de changement d’habitudes? Ce livre semble apporter un peu d’analyse rationnelle au débat. Et donc, il ne rassure pas sur l’avenir.


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